« La soirée ratée  » de Hamdi Kebdi .

C’était une maison de filles qui sortent ensemble…mais dont les mamans continuaient quand même de les zahzé (du nom zhéz: phénomène pendant lequel les mamans achètent des tas de trucs inutiles pour leur filles. exemple : nappes brodées…Verres en cristal).
Du coup, y avait trop de vaisselle, trop de tapis, trop de tables basses, idée brillante : allez on dégage le salon !! (qui à la base est une idée d’amis bourré qui trouvaient pas mieux que mettre la maison dans tous les sens pour marquer leur bonne humeur) .
Le salon dégagé, on s’assoit par terre comme adore les jeunes d’aujourd’hui, c’est pour faire hippy sur les photos : j’ai horreur de ça…j’ai des gaz après, le froid glisse entre le pull et le dos, comme un serpent mauvais joueur, mais je fais pas dans le coincé…on va jouer à action vérité !
Action vérité est un jeu piège, comme tous les gens malintentionnés et de mauvaise foi, quand je joue à action vérité, je joue vraiment.
Comme un repos entre deux mensonges, une manière de se repentir de ses pêchés assaisonné à un esprit de gagneur (et toujours de rivalité) : je cherche à gagner !
Si je choisis vérité, je dis vraiment la vérité ! C’est fou ! C’est des années plus tard que j’ai compris qu’on pouvait mentir pendant le jeu et surtout qu’on me mentait alors que je disais la vérité malgré ce que ça m’a valu en trayi7 (14 ans : action vérité chez un pote, je joue, j’étais amoureux de sa sœur, j’avoue, il m’a fracassé).
Ce temps est révolu, j’ai 30 ans maintenant je ne vais pas me laisser faire !
Une des grandes difficultés de l’action vérité est le placement….c’est très trompeur
Au début comme t con et que tu n’as pas un peu bu, tu va te coller aux mignonnes, or, pour ce jeu, il faut faire le contraire ! parce que si tu te place à coté des deux zbaber , tu sera forcement en face des laides…et au moment de tourner la bouteille , c’est les deux bouts de la bouteille qui sont susceptibles de s’embrasser…or t’es à coté ! ya bhim ! ya mnayik !
Donc tel un renard tu t’approches de l’arène, et tu te mets à coté des mochetés, déjà tu passes pour le mec sympa, deux t’es toujours en face des cibles.
On a joué pendant une heure mais aucun de ses amis ne me désigne pour embrasser. J’avais envie de mourir, je me sentais pas bien,
Tu te dis je vais prendre l’air , tu sors comme dans un film américain , verre à la main , démarche sûre , comme si la moitié de la planète faisait attention à ta sortie, tu te mets dos au jardin , face à la baie vitrée où se déroule la soirée , tu deviens l’anti conformiste , tu fais style « j’observe »…je suis un mec profond , j’ai du recul , je bois doucement…au fond de toi (et même à la surface) tu espères qu’elle vienne te rejoindre , dans tous les films elle arrive! une nouvelle , une fille que tu connais pas , bien de son physique , agréable de son visage , , c’est pas faute d’avoir essayer d’attirer l’attention , j’ai striptisé derrière la vitre , j’ai fait un salto arrière , le tour du jardin sur une jambe , allumer un feu digne d’un burning man : rien !
Je suis sorti un lundi sur la terrasse, il était jeudi et personne ne s’est rendu compte de mon absence.

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